Un défi relevé à deux, au nom de la gastronomie italienne

Une passion pour la cuisine, un peu de créativité, un accompagnement en amont du projet : la bonne recette pour une création de restaurant réussie !

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Pouvez-vous vous présenter et décrire votre activité ?

Marlène ALJIJA, j’ai créé mon entreprise en juillet 2013 : le Restaurant italien A MILANO, situé dans le centre de Goincourt, aux portes de l’agglomération beauvaisienne. Je m’occupe de ce restaurant avec mon époux. Nous proposons de la cuisine traditionnelle italienne, excepté les pizzas ! Nous souhaitions offrir à nos clients quelque chose de différent, à base de produits frais, de plats ‘faits maison’, qui reflètent la richesse de la gastronomie italienne.

Nous sommes ouverts le lundi midi, du mardi au vendredi (midi et soir), ainsi que le samedi soir. Le midi, nous proposons des plats uniquement à l’ardoise et pour le soir, le choix se fait sur notre carte – constamment revisitée par mon mari et avec nos clients : ils sont régulièrement mis à contribution pour tester ses nouvelles créations ! Depuis peu, nous proposons de la vente à emporter et nous avons également mis en place un coin épicerie fine pour que nos clients puissent repartir avec les produits italiens qu’ils ont pu découvrir dans leurs assiettes.

Quel a été votre parcours jusqu’à votre projet de création ?

J’ai travaillé à la Brosse et Dupont à Beauvais (fabriquant de brosses à dents) pendant 24 ans, en tant que technicienne en gestion de production, ce qui m’a apporté une expérience confirmée en gestion des stocks, relation client et fournisseurs. Après mon licenciement en 2006, j’ai voulu valider toutes mes années d’expérience en passant deux VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) : un Bac pro et un Bac + 2 me permettant d’obtenir le grade de technicien supérieur en gestion de production.

Mais l’idée de créer ma propre entreprise me trottait dans la tête depuis un moment parce que mon mari, cuisinier,  a toujours eu cette passion de la cuisine. Il était reconnu dans la profession - fort d’une longue expérience en tant que cuisinier dans des établissements italiens, en France, mais aussi à l’étranger (et notamment en Italie), apprécié et avait besoin de s’épanouir pleinement dans son métier, ce qu’une création pouvait lui permettre.

Quel a été l’élément déclencheur qui vous a donné l’envie de créer ?

Ma période de chômage nous a permis à mon mari et moi d’envisager la création de notre restaurant – c’était l’occasion ou jamais, j’avais du temps à consacrer à la préparation de ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur. C’est aussi notre complémentarité qui nous a confortés dans cette idée.

Quelles ont été les démarches pour construire votre projet ?

Nous avions les idées, mais de là à les mettre par écrit… je ne me voyais pas foncer tête baissée. J’ai voulu consacrer du temps à l’étude de mon projet pour me lancer en toute connaissance de cause ! Dès le départ, j’ai essayé de m’entourer d’un maximum de professionnels pour m’accompagner dans la construction de mon projet. La démarche entrepreneuriale étant totalement nouvelle pour moi, l’accompagnement s’est avéré indispensable, que ce soit avec Pôle Emploi, le service création / reprise de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Oise, la Plateforme Initiative Oise Ouest.

Consciente de mon manque d’expérience dans la restauration, j’ai aussi réalisé un stage de deux semaines dans un restaurant beauvaisien pour mieux appréhender le service en salle et me sentir à l’aise ensuite dans mon restaurant. J’ai ensuite dû passer mon permis d’exploitation, comme l’exige la réglementation pour la vente d’alcool.

Quel accompagnement avez-vous suivi avec la CCI ? Que vous a-t-il apporté ?

C’est d’abord Pôle Emploi qui m’a conseillé de participer à l’atelier gratuit « Etes-vous prêt à entreprendre ? » de la CCI pour comprendre l’ampleur du travail qui m’attendait pour préparer mon projet, ce qui m’a un peu fait peur au début ! L’accompagnement proposé par la CCI m’a ensuite été extrêmement bénéfique dans la phase de construction du projet, mais encore et surtout aujourd’hui, dans la gestion quotidienne de l’activité.

J’ai commencé par suivre la formation « 5 jours pour entreprendre » qui m’a apporté les connaissances de base en gestion d’entreprise. J’ai rapidement senti que j’avais besoin de m’entourer et de me former sur tous les plans (gestion, fiscalité, financement, marketing…) : j’ai donc participé aux formations complémentaires du « Pack création » proposé par la CCI, afin de construire sereinement mon projet. En plus du professionnalisme des formateurs, j’ai particulièrement apprécié le fait de pouvoir travailler mon projet avec eux ainsi que la richesse des échanges avec les autres porteurs de projet, qui nous aident aussi à avancer dans notre propre réflexion.

Tout au long de mon parcours, et encore aujourd’hui, la CCI a été un partenaire clé pour m’apporter toutes les informations dont j’avais besoin sur quelque sujet de ce soit (réglementation, formalités…).

Quels moyens avez-vous utilisés pour vous faire connaître ?

Pour nous faire connaître, nous avons commencé par distribuer des flyers dans les communes alentours et  nous nous sommes vite rendu compte que rien ne fonctionnait mieux que le bouche à oreille ! Nos clients sont les meilleurs prescripteurs !

Quelles ont été les éventuelles difficultés rencontrées ?

Le temps de construction du projet est difficile : on se pose beaucoup de questions, on se remet en cause, on ne sait pas si ça va marcher… La première difficulté a surtout été de transformer notre idée en un projet concret et compréhensible pour les tiers. Mais je dirais que les difficultés viennent surtout après : le jour où on se lance, que l’on se retrouve seul dans son restaurant, sans savoir si les clients vont être au rendez-vous et à devoir assurer comme un chef !

Sans la formation de la CCI, je pense que je ne serai plus là aujourd’hui : je suis capable d’assurer la gestion courante de l’entreprise, je suis confiante. L’expertise de notre banquier et de notre comptable, que je considère comme de véritables partenaires nous est aussi particulièrement précieuse.

Quels conseils pourriez-vous donner aux porteurs d’un projet de création ?

Je ne pourrai que leur conseiller de se faire entourer par un maximum de personnes, non seulement pour se former, car devenir chef d’entreprise ne s’improvise pas, mais aussi pour tester leurs idées auprès de différents interlocuteurs. Et surtout, ne pas se lancer si vous n’êtes pas profondément amoureux de votre métier ! C’est un vrai gage de réussite.

Quel est le jour qui a le plus compté dans votre parcours ?

Pour moi, la fin de la formation assurée par la CCI a été un moment clé : c’est là que j’ai su que mon projet était viable ! Cela m’a donné énormément d’assurance pour aller le défendre devant mon banquier et la plateforme Initiative Oise Ouest pour l’obtention d’un prêt d’honneur !

En une phrase, pouvez- vous non donner l’état d’esprit de votre société ?

« Au A MILANO, les clients sont chez eux ! »

 

Témoignage – Marlène ALJIJA – Restaurant A MILANO – GOINCOURT

Le saviez-vous ?

Ristorante Italiano A MILANO

  • Restaurant -Traiteur – Vente à emporter
  • 8, rue Aristide Briand 60000 GOINCOURT
  • 03.44.48.66.80
  • Mme Marlène ALJIJA -

Interview réalisée par Jessica OZKURT conseillère création-reprise CCI de l’Oise

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